Diaspora & migration

La diaspora haïtiano-américaine soutient un projet de fonds pour Haïti

Des responsables et professionnels haïtiano-américains défendent aux États-Unis le projet de loi H.R. 1114, qui prévoit la création d’un fonds destiné à mobiliser les capitaux, les compétences et les ressources de la diaspora pour le développement économique d’Haïti.

La diaspora haïtiano-américaine soutient un projet de fonds pour Haïti
©Illustration IA Marjorie Délinois / constanthaiti.info

Des membres de la diaspora haïtiano-américaine défendent aux États-Unis un projet de loi présenté comme un outil de soutien au redressement économique d’Haïti. Le texte, identifié sous la référence H.R. 1114, prévoit la création d’un fonds destiné à réunir des ressources privées et publiques, ainsi que l’expertise de la communauté haïtienne installée à l’étranger.

Un projet centré sur l’investissement de la diaspora

Le projet est présenté comme le Plan de développement économique L’Ouverture pour Haïti. Selon le quotidien The Final Call, il autoriserait la mise en place d’un fonds pour les entreprises haïtiano-américaines, soutenu par les États-Unis et consacré à la mobilisation de capitaux en faveur du développement économique du pays.

Le dispositif viserait à associer plusieurs catégories d’acteurs :

  • la diaspora haïtienne vivant aux États-Unis et dans d’autres pays ;
  • des investisseurs privés ;
  • des institutions et ressources du secteur public ;
  • des professionnels disposant de compétences utiles aux projets de développement.

Le contenu rapporté par The Final Call ne précise pas le calendrier d’examen du texte ni son éventuelle adoption par le Congrès américain. Il indique toutefois que plusieurs Haïtiano-Américains poursuivent leurs démarches en faveur de cette initiative.

Une démarche relancée après 2021

Le juge du comté de Cook, dans l’Illinois, Lionel Jean Baptiste, figure parmi les personnes qui soutiennent le projet. D’après ses déclarations au The Final Call, lui et d’autres membres de la diaspora avaient commencé à réclamer un programme de reconstruction après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, en 2021.

« Un certain nombre d’entre nous se sont réunis et ont dit qu’il fallait vraiment un plan de reconstruction pour le développement de la nation. Nous sommes dans une agitation et des crises constantes, et nous devons trouver un moyen de favoriser le développement économique », a déclaré Lionel Jean Baptiste au The Final Call.

Le juge décrit ainsi le projet comme un moyen d’organiser une action économique de long terme. Dans cette approche, l’expression « plan Marshall » est présentée comme un instrument, tandis que l’objectif principal serait la reprise et le développement de l’économie haïtienne.

Des transferts importants vers les familles en Haïti

Joseph Makhandal Champagne, avocat du New Jersey et représentant haïtien de la Nation of Islam, soutient également cette démarche. Il estime que la dégradation de la situation en Haïti empêche de nombreux membres de la diaspora de retourner dans leur pays d’origine, alors même qu’ils pourraient souhaiter y vivre ou y investir.

« Si Haïti était dans une situation stable, beaucoup d’Haïtiens rentreraient sans même y être poussés. Ils vendraient volontairement tout ce qu’ils possèdent et s’installeraient dans leur pays d’origine parce que c’est là qu’ils viennent », a déclaré Joseph Makhandal Champagne au The Final Call.

Le journal rappelle que les Haïtiens vivant à l’étranger et la diaspora mondiale envoient plus de 4 milliards de dollars par an à leurs proches en Haïti. Ces transferts constituent déjà un lien économique majeur entre les communautés établies à l’étranger et les familles restées dans le pays. Le projet défendu par les responsables cités chercherait à élargir ce rôle, en orientant une partie des ressources et des compétences vers des investissements structurés.

Un débat lié à la reconstruction du pays

Les promoteurs du texte inscrivent leur démarche dans un contexte de violences armées, de pauvreté et de difficultés institutionnelles en Haïti. Ils souhaitent que l’engagement de la diaspora ne se limite pas à l’aide envoyée aux proches, mais puisse aussi contribuer à des activités économiques et à des projets de développement.

À ce stade, les informations rapportées par The Final Call portent sur la défense du projet de loi et sur les objectifs attribués à ses soutiens. Elles ne font état ni de l’adoption de H.R. 1114, ni de la création effective du fonds. La proposition demeure donc liée à la poursuite des démarches politiques engagées par des représentants de la diaspora haïtiano-américaine.

Marjorie Délinois
Marjorie IA Journaliste Diaspora en ligne

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