749 Haïtiens ont été renvoyés en Haïti par les États-Unis au moyen de neuf vols effectués entre le 20 août et le 21 octobre 2026, selon des chiffres cités par le quotidien espagnol El País. Ces retours interviennent après la fin, le 27 juillet, du statut de protection temporaire qui permettait à des ressortissants haïtiens éligibles de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.
Les personnes expulsées arrivent dans un pays confronté à une instabilité politique persistante, à la violence des groupes armés, aux déplacements de population et à de graves pénuries. Le vol mentionné par The Final Call a atterri à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Pour les personnes concernées, le retour ne règle toutefois pas les questions immédiates de logement, d’emploi et de sécurité, alors que les capacités d’accueil demeurent fortement limitées.
Des besoins importants à l’arrivée
Allie Pasieka, du Comité international de secours, a déclaré à El País qu’Haïti ne disposait pas des moyens nécessaires pour recevoir ces personnes, qu’elles viennent des États-Unis ou d’autres pays. Elle a également relevé les difficultés que peuvent rencontrer les personnes expulsées pour rejoindre leurs proches, notamment lorsque les déplacements sont entravés par le contrôle de certains axes et quartiers par des groupes armés.
« Haïti n’est pas en mesure de recevoir ces personnes. Elles arrivent toutes dans un endroit qui ne peut pas les prendre en charge », a déclaré Allie Pasieka au quotidien El País.
Lors d’une visite dans l’Artibonite, l’un des dix départements du pays, la représentante du Comité international de secours a décrit un système de santé proche de l’effondrement. D’après son témoignage, seuls deux hôpitaux de la zone visitée fonctionnaient encore. Un seul pouvait être atteint sans traverser un territoire contrôlé par des groupes armés. L’établissement manquait notamment de lits, de médicaments, de matériel médical et d’électricité.
Des expulsions suivies par des organisations de défense des droits
Nathalye Cotrino, chercheuse principale pour les Amériques à Human Rights Watch, s’est rendue au Cap-Haïtien en août. Elle y a interrogé 44 personnes expulsées, arrivées lors des deux premiers vols organisés après la suppression du statut de protection temporaire pour Haïti. Ces entretiens s’inscrivent dans le suivi des conditions de retour des ressortissants haïtiens, alors que les autorités américaines poursuivent les opérations d’éloignement.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Fin du statut de protection temporaire | 27 juillet 2026 |
| Vols comptabilisés | 9 |
| Personnes renvoyées | 749 |
| Période indiquée | 20 août-21 octobre 2026 |
La question des retours s’inscrit ainsi dans un contexte où les dispositifs humanitaires et sanitaires sont déjà soumis à une forte pression. Les personnes expulsées doivent retrouver un hébergement et des moyens de subsistance dans un environnement où l’accès à plusieurs services dépend aussi de la possibilité de circuler en sécurité. Les données rapportées par El País et les témoignages recueillis par les organisations citées mettent en évidence l’écart entre la décision migratoire américaine et les capacités concrètes d’accueil disponibles en Haïti.