À Springfield, dans l’Ohio, la situation des Haïtiens reste au centre du débat migratoire américain après la fin de leur statut de protection temporaire (TPS). Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé que les Haïtiens de cette ville avaient été « déplacés » après la perte de leur statut légal. Ses propos, tenus à Chillicothe mercredi, ont été rapportés par NBC4, alors qu’il avait déjà fait de la communauté haïtienne de Springfield un thème de sa campagne présidentielle de 2024.
« Les Haïtiens sont partis maintenant, nous les avons déplacés, nous avons dû les déplacer », a déclaré Donald Trump à Chillicothe, selon NBC4.
Le président américain a également renouvelé son soutien à leur expulsion. Il a soutenu que 35 000 Haïtiens avaient été installés à Springfield après être entrés illégalement aux États-Unis et que la ville avait ensuite connu une dégradation de sa situation. Les estimations communiquées par le comté de Clark sont toutefois nettement inférieures : entre 12 000 et 15 000 Haïtiens vivraient à Springfield, une ville dont la population totale est évaluée à environ 58 000 habitants.
Une communauté arrivée sous protection fédérale
Les Haïtiens concernés vivaient légalement aux États-Unis dans le cadre du TPS, un dispositif fédéral qui autorise les ressortissants de pays confrontés à des risques élevés à résider et à travailler sur le territoire américain pendant la durée de leur protection. Cette mesure ne constitue pas une résidence permanente, mais elle permet aux personnes bénéficiaires de disposer d’un statut légal tant que les conditions de retour dans leur pays ne sont pas considérées comme suffisamment sûres.
En juin, la Cour suprême des États-Unis a autorisé l’administration Trump à mettre fin à la désignation d’Haïti au titre de ce programme. Selon NBC4, cette décision a privé environ 50 000 Haïtiens vivant dans l’Ohio de leur droit de travailler et de résider légalement aux États-Unis. Le département d’État américain classe Haïti au niveau le plus élevé de risque pour les voyageurs, en raison de la violence et des troubles civils.
| Donnée | Éléments rapportés |
|---|---|
| Population de Springfield | Environ 58 000 personnes |
| Population haïtienne estimée dans la ville | 12 000 à 15 000 personnes |
| Haïtiens concernés dans l’Ohio | Environ 50 000 |
| Personnes haïtiennes expulsées de Springfield | Au moins 5, selon NBC4 |
Des craintes au sein des familles
La fin du TPS produit déjà des effets dans la vie quotidienne de familles haïtiennes. Viles Dorsainvil, cofondateur et directeur exécutif du Centre de soutien aux Haïtiens, a déclaré que plusieurs personnes gardaient leurs enfants à la maison et évitaient de sortir par crainte d’opérations des services américains de l’immigration. Cette situation touche à la fois l’accès à l’école, la mobilité et la capacité des adultes à conserver leur emploi.
NBC4 rapporte que des dizaines d’Haïtiens ont été détenus et qu’au moins cinq personnes ont été expulsées. En revanche, le média indique ne disposer d’aucun élément démontrant que des milliers d’Haïtiens auraient quitté Springfield. L’affirmation de Donald Trump selon laquelle la communauté aurait fait augmenter la criminalité est également contestée par les responsables locaux.
Le président américain a par ailleurs repris des accusations largement contestées selon lesquelles des immigrés haïtiens auraient mangé des animaux domestiques à Springfield. Les dirigeants locaux et ceux de l’État de l’Ohio ont rejeté ces allégations, les qualifiant de fausses. Deux ans après la campagne de 2024, la communauté haïtienne de la ville demeure ainsi exposée aux effets concrets de la fin du TPS et à une forte visibilité politique autour de la politique d’expulsion.
- Le TPS permettait aux Haïtiens concernés de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.
- La Cour suprême a autorisé en juin la fin de la protection accordée à Haïti.
- Aucun élément rapporté par NBC4 ne confirme le départ de milliers de personnes de Springfield.