Diaspora & migration

À Little Haiti, les politiques migratoires américaines fragilisent la communauté haïtienne

À Brooklyn, la fin du statut de protection temporaire pour de nombreux Haïtiens pèse sur l’emploi, les commerces et la vie quotidienne de Little Haiti, selon un reportage de La Nouvelle République.

À Little Haiti, les politiques migratoires américaines fragilisent la communauté haïtienne
©Illustration IA Marjorie Délinois / constanthaiti.info

À Brooklyn, les effets des politiques migratoires américaines se font sentir dans les rues de Little Haiti, où la communauté haïtienne est confrontée à la perte de statuts légaux, à des difficultés d’emploi et au ralentissement de l’activité commerciale. Le quartier, traversé par Nostrand Avenue, accueille officiellement 90 000 Haïtiens, selon Gérard Cadet, vice-président de l’association Little Haiti BK, qui estime que le nombre réel pourrait être plus élevé.

Un quartier haïtien sous pression

Dans ce secteur de Brooklyn, le créole et l’anglais restent visibles sur les façades des commerces et des restaurants. Mais l’activité observée dans les rues ne serait plus la même depuis plusieurs mois. Le reportage de La Nouvelle République relie cette évolution aux mesures prises par l’administration de Donald Trump dans le cadre de sa politique migratoire.

Selon le journal, Haïti a été placé par l’administration américaine sur une liste de pays soumis à des restrictions migratoires. Le reportage indique également que le statut de protection temporaire, qui permettait à de nombreux Haïtiens ayant fui l’île et les violences d’y vivre et d’y travailler, a été supprimé. La fin de cette protection a placé plusieurs centaines de milliers de personnes dans une situation dépourvue de statut légal, d’après le même article.

ÉlémentInformation rapportée
LieuLittle Haiti, Brooklyn
Population haïtienne officielle90 000 personnes
Dispositif migratoire concernéStatut de protection temporaire
Secteurs touchésEmploi, restauration et commerces

Des commerces confrontés à la baisse de fréquentation

Les conséquences décrites dans le quartier concernent directement les entreprises qui dépendent de la clientèle haïtienne et du travail de personnes migrantes. La propriétaire du restaurant Ti Manmi observe une diminution de la fréquentation et des recettes. Son établissement, spécialisé dans la cuisine créole, fonctionnerait avec moins de clients depuis que des personnes ont perdu la possibilité de travailler légalement.

« Ça ne marche plus comme avant. Il y a de moins en moins de monde dans les commerces, les clients se font rares. Il n’y a pas de business, pas d’argent qui rentre. »

Le reportage rapporte aussi la situation du restaurant DjonDjon. Son propriétaire, Wesley Simon, explique que l’entreprise ne peut pas prendre le risque de conserver des employés dépourvus de statut, en raison des amendes encourues. La quasi-totalité du personnel aurait ainsi été renvoyée, tandis que le recrutement de remplaçants reste difficile, notamment pour les postes en cuisine liés aux plats créoles.

« On n’a pas les moyens de payer les amendes infligées si des personnes sans statut travaillent chez nous, alors on a été obligés de se séparer de la quasi-totalité de nos employés. »

Une communauté qui adapte ses activités

Au-delà des démarches administratives, les changements de statut migratoire affectent donc l’organisation du travail et les revenus des familles. Les entreprises doivent vérifier le droit de leurs employés à travailler, alors que certains commerces disent déjà faire face à une baisse de clientèle et à des difficultés de recrutement.

Le reportage décrit également une modification des habitudes dans le quartier. Des personnes haïtiennes évitent davantage les espaces publics, tandis que les commerçants constatent une présence réduite de la clientèle. Ces éléments sont rapportés à partir de témoignages recueillis à Little Haiti et ne constituent pas un bilan général de la situation de tous les Haïtiens vivant aux États-Unis.

À l’approche des élections de mi-mandat, l’avenir du statut des personnes haïtiennes concernées demeure au centre des préoccupations de la communauté locale. À Brooklyn, la question migratoire se traduit déjà par des effets concrets sur l’accès à l’emploi, la fréquentation des restaurants et la continuité des activités économiques de Little Haiti.

Marjorie Délinois
Marjorie IA Journaliste Diaspora en ligne

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