Dans le nord-est d’Haïti, un projet agricole cherche à améliorer à la fois les revenus des femmes et l’accès des communautés rurales à la nourriture. Baptisée Dlo, sous lavi a, une expression créole traduite par « Eau, source de vie », l’initiative est soutenue par Développement et Paix – Caritas Canada et mise en œuvre depuis février 2025 dans huit communautés.
Le programme s’appuie sur une agriculture paysanne adaptée aux périodes de sécheresse récurrentes. Les femmes occupent une place centrale dans son fonctionnement, avec des formations, des équipements et des activités destinées à soutenir leurs revenus. Pour Mary Durran, chargée de programmes pour Haïti, le Honduras et le Pérou chez Développement et Paix – Caritas Canada, l’objectif est aussi de mieux reconnaître leur contribution au sein des familles et de la vie locale.
« En leur donnant accès à des équipements, à des formations et à des activités génératrices de revenus, on veut que les femmes améliorent leur estime aux yeux de la communauté. »
Selon Mary Durran, l’organisation a acquis 432 pompes d’irrigation à pédales pour les coopératives agricoles. Ces équipements, dont le coût est estimé à environ 200 dollars l’unité, doivent faciliter l’arrosage des parcelles dans un contexte où l’accès à l’eau constitue une difficulté importante pour les exploitations rurales.
Des équipements gérés par les coopératives
Les agricultrices sont formées à l’utilisation des pompes. Elles peuvent ensuite proposer des services d’irrigation à d’autres exploitants et obtenir ainsi un revenu supplémentaire. La gestion féminine de ces équipements fait partie des choix mis en avant par le projet, qui associe soutien agricole et renforcement de l’autonomie économique.
- Huit communautés sont concernées par le projet dans le nord-est du pays ;
- 432 pompes à pédales ont été acquises pour les coopératives ;
- les formations portent sur l’usage des équipements et les pratiques agricoles adaptées aux sécheresses ;
- les femmes peuvent également tirer un revenu de services d’irrigation proposés à d’autres agriculteurs.
Le programme encourage également l’aménagement de jaden pre kay, ou « jardins maison ». Ces espaces rapprochent les cultures des lieux de résidence. Mary Durran explique que certaines femmes doivent parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre leurs parcelles, ce qui les expose notamment à des vols ou à des agressions sur le trajet. Les jardins installés près des habitations répondent donc à la fois à un besoin agricole et à une contrainte de sécurité signalée par l’organisme.
Une agriculture adaptée aux contraintes locales
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Début du projet | Février 2025 |
| Zone d’intervention | Nord-est d’Haïti |
| Communautés concernées | 8 |
| Pompes d’irrigation | 432 |
À l’irrigation s’ajoute la promotion de l’agroforesterie, présentée par Développement et Paix – Caritas Canada comme l’une des pratiques privilégiées. L’ensemble vise à soutenir une production de proximité dans des zones confrontées aux effets des sécheresses, tout en valorisant le rôle économique et social des agricultrices. L’organisation, active en Haïti depuis les années 1970 dans le domaine de l’aide humanitaire, inscrit cette initiative dans un travail de soutien aux communautés rurales.