Un outil simple pour repérer la malnutrition sévère
Dans plusieurs régions d’Haïti, les personnels de santé utilisent le ruban coloré de mesure du bras supérieur (MUAC) pour dépister rapidement les enfants à risque de malnutrition aiguë. Le procédé, adopté par l’UNICEF et ses partenaires, permet d’identifier en quelques secondes un état qui peut mettre la vie d’un enfant en danger.
« S’il vous plaît, mon bébé de six mois meurt de faim », a supplié Nadège, selon EEW Magazine Online.
Le témoignage rapporté par EEW Magazine Online (qui protège l’identité de la mère par un pseudonyme) illustre le recours à ce test de terrain : le marqueur rouge sur le ruban signale une malnutrition aiguë sévère, nécessitant une prise en charge urgente.
Des contraintes multiples pour soigner
Les acteurs humanitaires décrivent un contexte où l’accès aux soins et à l’alimentation est perturbé par l’insécurité armée et les déplacements massifs de populations. Pour atteindre les enfants des zones affectées, l’UNICEF et le ministère haïtien de la Santé multiplient les dépistages via des agents communautaires et des équipes mobiles.
- 1,47 million de personnes déplacées en Haïti à la mi‑mai 2026, selon l’UNICEF, rendant l’accès aux services instable.
- 5,83 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère ou en crise entre mars et juin 2026, selon une évaluation citée par EEW Magazine Online.
- Un déficit de financement : l’UNICEF signale un manque de plus de 64% pour ses programmes nutritionnels en 2026, menaçant l’approvisionnement en aliments thérapeutiques.
Traitements et limitations
La prise en charge de la malnutrition aiguë sévère repose notamment sur des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi — parfois appelés « pâte‑médicament » ou rations thérapeutiques — distribués par l’UNICEF et ses partenaires. Ces produits permettent un traitement ambulatoire lorsque l’enfant peut être suivi en communauté ; des admissions en structures de santé sont prévues pour les cas nécessitant une surveillance plus intensive.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Personnes déplacées (mi‑mai 2026) | 1,47 million |
| Population en situation d’insécurité alimentaire (mars‑juin 2026) | 5,83 millions |
| Manque de financement pour la nutrition (2026) | plus de 64% |
Appel au maintien des appuis
Les acteurs humanitaires mettent en garde contre les conséquences d’un sous‑financement prolongé : sans approvisionnements réguliers en aliments thérapeutiques et sans moyens pour déployer des équipes mobiles, des traitements essentiels risquent d’être interrompus. L’UNICEF travaille en coordination avec le ministère de la Santé pour étendre le dépistage et les soins, en s’appuyant sur des agents communautaires formés et des cliniques mobiles afin d’atteindre les populations isolées.
Le récit recueilli par EEW Magazine Online — qui relate le dépistage et la détresse d’une mère — rend visible la fragilité de nombreux ménages confrontés à la hausse des prix et aux violences. Les chiffres cités par les organisations internationales dans le reportage soulignent l’ampleur des besoins et la dépendance de la réponse aux financements extérieurs.