La Société interaméricaine de la presse (SIP) a jugé « critique » la situation de la liberté de la presse en Haïti, dans un bilan présenté à l’occasion de sa 82e Assemblée générale tenue à Bogota, qui s’est achevée le 25 octobre 2026. L’organisation pointe la « détérioration des conditions de sécurité » pour les journalistes, liée à l’expansion des gangs armés et aux restrictions croissantes d’accès à l’information.
Violences, enlèvements et fermeture de médias
Dans son rapport, la SIP relève que le journalisme « est devenu une profession à haut risque » en Haïti, citant des menaces, des enlèvements, des agressions et des assassinats, ainsi que des limitations sévères pour se déplacer et accéder aux sources. L’organisation note que plusieurs médias ont cessé leurs activités et que de nombreux journalistes ont quitté le pays.
« Le journalisme est devenu une profession à haut risque : les journalistes sont confrontés à des menaces, des enlèvements, des agressions et des assassinats, ainsi qu’à de sévères restrictions en matière de déplacement et d’accès aux sources », a écrit la SIP dans son rapport sur Haïti.
La SIP rappelle aussi des cas récents frappants, en citant notamment l’enlèvement et l’assassinat en août de Joseph Willard Vancol, directeur de la radio communautaire Ti Boukan FM, et l’enlèvement, le 6 septembre, du journaliste Wesly Renaud Jean de Radio Télé Métropole, toujours porté disparu à la date du rapport. L’organisation mentionne en outre la disparition, depuis mars, de Junior Célestin et d’Osnel Espérance, dont l’exécution est présumée.
Attaques contre des photo‑journalistes
La SIP signale des agressions subies par des photo‑journalistes lors de funérailles à Kenscoff le 2 septembre : Odelyn Joseph (Associated Press), Clarens Siffroy (Agence France‑Presse) et Jonet St. Elois (EFE) ont été l’objet d’attaques physiques et verbales alors qu’ils couvraient ces événements. Le rapport rappelle également que, selon les Nations unies, 14 professionnels des médias ont été assassinés depuis 2021.
- Cas cités par la SIP : enlèvements et assassinats récents (Vancol, Wesly Renaud Jean, Junior Célestin, Osnel Espérance).
- Violences contre photo‑journalistes : agressions à Kenscoff le 2 septembre impliquant des journalistes d’AP, de l’AFP et d’EFE.
- Bilans cités : 14 professionnels des médias assassinés depuis 2021, selon l’ONU, repris par la SIP.
| Élément | Référence |
|---|---|
| Professionnels des médias assassinés depuis 2021 | 14 (selon les Nations unies, cité par la SIP) |
| Cas récents cités | Joseph Willard Vancol; Wesly Renaud Jean; Junior Célestin; Osnel Espérance |
Le rapport de la SIP souligne enfin que, malgré ces contraintes et les fermetures, la presse continue d’informer la population, notamment en signalant les zones à risque. L’organisation appelle implicitement à des mesures pour protéger les professionnels des médias et préserver l’espace démocratique d’information, sans proposer de recommandations opérationnelles dans le résumé présenté lors de l’assemblée.
Les éléments cités dans cet article sont tirés du rapport et des déclarations de la Société interaméricaine de la presse présentés lors de sa 82e Assemblée générale à Bogota (25 octobre 2026) ainsi que des chiffres mentionnés par les Nations unies dans ce contexte, tels que rapportés par la SIP.