Evans Paul, ancien Premier ministre et porte-parole du mouvement ABC (Atizan Bon Chanjman), a lancé un appel à une réglementation urgente de la circulation des motocyclettes et des tricycles en Haïti. Dans une tribune publiée par Rezo Nòdwès, il décrit ces deux- et trois-roues comme des « outils indispensables » à la mobilité et à l'économie, mais déplore leur large fonctionnement hors du cadre légal.
Un secteur largement informel, des enjeux de sécurité et de recettes
Evans Paul souligne que la motocyclette est devenue, des grandes agglomérations aux zones rurales, un mode de transport essentiel pour des centaines de milliers de personnes. Il attire cependant l'attention sur l'ampleur de l'informalité : selon la tribune, près de 70 % des motos en circulation ne seraient ni immatriculées auprès de la Direction générale des impôts (DGI), ni assurées à l'Office d'assurance véhicules contre tiers (OAVCT).
Le texte met en relation cette absence de contrôle avec une série de problèmes publics : une hausse des accidents routiers, des embouteillages, des difficultés de recouvrement fiscal et un manque de protection pour les usagers victimes d'accidents. L'auteur rappelle qu'une moto neuve coûterait environ 200 000 gourdes et qu'un conducteur peut gagner entre 2 500 et 6 000 gourdes par jour, précisant ainsi l'importance économique du secteur.
- Immatriculation : l'appel insiste pour l'enregistrement systématique des véhicules auprès de la DGI.
- Assurance : Evans Paul réclame la généralisation de la couverture via l'OAVCT pour garantir l'indemnisation des victimes.
- Respect du Code de la route : il plaide pour une responsabilisation des conducteurs et le renforcement des contrôles routiers.
Initiatives récentes évoquées
La tribune mentionne le programme « Moto pa m légal », lancé en août 2025, qui viserait à régulariser le secteur et à augmenter les recettes fiscales. Evans Paul indique que l'objectif est de mobiliser plus de 4 milliards de gourdes de recettes, sans toutefois détailler le calendrier d'exécution ou les mesures concrètes prévues pour atteindre ce montant.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Pourcentage de motos non immatriculées/assurées | ~70 % |
| Coût approximatif d'une moto neuve | 200 000 gourdes |
| Gain journalier estimé d'un taxi-motocycliste | 2 500–6 000 gourdes |
| Objectif de recettes du programme | 4 milliards de gourdes |
Pour Evans Paul, la régulation du secteur ne constitue pas seulement une question économique : elle relève aussi de la sécurité publique et de la protection des usagers. Il qualifie d'« urgence » la nécessité d'agir pour réduire le nombre d'accidents et limiter la paralysie urbaine causée par des flux de circulation mal encadrés.
Demandes adressées aux autorités
Le texte appelle implicitement les institutions compétentes — administrations fiscales, autorités routières et organismes d'assurance — à coordonner un plan d'action incluant immatriculation, taxation et campagnes de sensibilisation aux règles de circulation. La tribune ne contient pas d'éléments sur une réponse officielle des autorités ni sur un calendrier juridique pour la mise en œuvre des propositions.
En l'état, la proposition d'Evans Paul réactualise le débat public sur la coexistence entre besoins de mobilité et exigence d'un encadrement étatique capable d'assurer la sécurité routière, la contribution fiscale et la protection des victimes d'accidents.
Le gouvernement et les organismes publics cités dans la tribune n'ont pas été mis en cause par des affirmations autres que celles exprimées par l'auteur ; aucune réaction officielle n'est rapportée dans la source consultée.