Entre 2,7 et 3,1 millions d’adultes haïtiens ne possèdent toujours pas de carte d’identification nationale valide, soit près d’un adulte sur trois, selon un diagnostic du Groupe de la Banque mondiale consacré à l’écosystème de l’identification en Haïti. Le rapport, intitulé Diagnostic de l’écosystème de l’identification : Haïti, relève les avancées enregistrées ces dernières années tout en proposant des orientations pour étendre l’accès à l’identité juridique.
La Banque mondiale estime qu’une couverture plus large du système pourrait faciliter l’accès de nombreuses personnes aux services essentiels, à l’emploi et à différentes possibilités économiques. La validité et la fiabilité des documents d’identité constituent notamment un élément important pour les démarches auprès des administrations, des entreprises et des prestataires de services.
« Investir dans l’écosystème de l’identification ne relève pas seulement de la réalisation d’un droit fondamental ; c’est aussi une occasion stratégique de favoriser un accès inclusif et durable à l’emploi en Haïti », a déclaré Anne-Lucie Lefebvre, Responsable des opérations du Groupe de la Banque mondiale en Haïti.
Des progrès dans l’enregistrement et la délivrance des cartes
Le diagnostic indique qu’environ 67 % des adultes disposent désormais d’une Carte d’identification nationale unique. Chez les enfants de moins de cinq ans, 85 % auraient été enregistrés à la naissance et 77 % posséderaient un acte de naissance. Ces données sont présentées par le Groupe de la Banque mondiale dans son rapport récemment publié et témoignent, selon l’institution, d’une progression de l’état civil et de l’identification en Haïti.
| Indicateur | Proportion ou estimation |
|---|---|
| Adultes sans carte valide | 2,7 à 3,1 millions |
| Adultes détenteurs d’une carte nationale unique | Environ 67 % |
| Enfants de moins de cinq ans enregistrés à la naissance | 85 % |
| Enfants de moins de cinq ans disposant d’un acte de naissance | 77 % |
Une réforme appuyée sur des dispositifs biométriques
Le rapport revient également sur le décret adopté en 2020, qui a instauré des cartes d’identité biométriques équipées d’une puce. Il mentionne aussi les mesures destinées à rapprocher les services des usagers, notamment la décentralisation de l’impression des cartes et l’augmentation du nombre de points de service. Pour la Banque mondiale, ces dispositifs offrent une base pour atteindre davantage de ménages pauvres et de personnes vivant dans les zones rurales.
Anne-Lucie Lefebvre a souligné que l’amélioration du système doit permettre aux fournisseurs publics et privés de vérifier et d’authentifier les identités. Ces opérations comprennent notamment la confirmation du caractère unique d’une identité, le contrôle de l’authenticité des documents et la vérification de la validité des informations enregistrées, a-t-elle expliqué.
La vérification de l’identité au cœur de l’accès aux services
Dans son diagnostic, le Groupe de la Banque mondiale présente donc l’identification comme un dispositif qui dépasse la seule délivrance d’un document administratif. La possibilité de confirmer l’identité d’une personne peut intervenir dans l’accès aux services publics et privés, ainsi que dans les démarches liées à l’activité professionnelle. L’institution relie cette infrastructure à un accès plus inclusif aux possibilités d’emploi et aux services essentiels.
Le document met ainsi l’accent sur la nécessité de poursuivre l’extension de la couverture nationale, alors qu’une part importante de la population adulte demeure sans carte valide. Les chiffres publiés dans le diagnostic montrent à la fois l’ampleur du chemin parcouru et le nombre de personnes qui restent à intégrer pleinement au système d’état civil et d’identification.