Le bureau de la procureure générale de l’État de New York a annoncé jeudi des accords financiers et des interdictions professionnelles visant des acteurs d’un vaste système de fraude en cryptomonnaie qui a « ciblé les communautés haïtiennes », selon le communiqué rendu public. Parmi les sanctions figurent des paiements totalisant 6 millions de dollars à verser par quatre personnes établies aux États‑Unis et des mesures d’interdiction de l’exercice dans les secteurs des valeurs mobilières, des matières premières et des cryptomonnaies.
Les personnes visées et les montants
La procureure générale Letitia James identifie dans son communiqué les prévenus obligés de restituer des fonds : Frantz Ciceron (Farmingdale), James Corbett (Mastic Beach), Ricardo Roy Sr. (Ridgewood) et Martin Zizi (résident à Kennesaw, Géorgie). Leur règlement porte, selon le communiqué, sur un montant combiné de 6 millions de dollars et s'accompagne d'une interdiction de participer aux activités liées aux marchés financiers et aux cryptomonnaies.
- 6 millions de dollars : sommes requises des quatre prévenus.
- 11 000 : nombre de New‑Yorkais lésés, d'après le communiqué.
- Plus d'1 milliard de dollars : valeur totale des cryptodepôts collectés par les sociétés mises en cause, selon le bureau de la procureure générale.
- Moins de 26 millions de dollars : montant effectivement négocié par NovaTech d'après l'action judiciaire.
Origine de l'action judiciaire
L'action fait suite à la plainte déposée en juin 2024 contre les sociétés NovaTechFx et AWS Mining Pty Ltd. Le bureau de la procureure générale accuse leurs promoteurs d'avoir opéré « comme des courtiers non enregistrés » et d'avoir « fait des déclarations fausses et trompeuses dans l'offre et la vente de titres », des propos cités dans le communiqué.
« Les défendeurs, agissant comme des courtiers non enregistrés, ont tenu des déclarations fausses et trompeuses dans l'offre et la vente de titres », indique le communiqué du bureau de la procureure générale.
La communication précise que les campagnes de promotion s'appuyaient sur des messages en créole haïtien et sur des approches ciblant des groupes religieux et des cercles de prière, ce qui, selon l'accusation, a permis de recruter massivement des investisseurs au sein de communautés haïtiennes.
Responsables poursuivis à l'étranger
Le communiqué ajoute que les fondateurs de NovaTech, identifiés dans les documents de la procédure comme Cynthia et Eddy Petion, ont quitté le pays l'année précédente. La procureure générale a demandé à la Cour suprême de l’État de New York d'ordonner à ce couple le paiement supplémentaire de 1,3 milliard de dollars pour dommages et enrichissement injustifié, demande consignée dans l'action en justice.
| Prévenu | Lieu | Mesure annoncée |
|---|---|---|
| Frantz Ciceron | Farmingdale | Règlement financier; interdiction professionnelle |
| James Corbett | Mastic Beach | Règlement financier; interdiction professionnelle |
| Ricardo Roy Sr. | Ridgewood | Règlement financier; interdiction professionnelle |
| Martin Zizi | Kennesaw (Géorgie) | Règlement financier; interdiction professionnelle |
Le bureau de Letitia James relève que les sociétés incriminées promettaient des rendements exceptionnels (15–20 % mensuels, ou 200 % en quinze mois, selon les documents cités) et qu'elles étaient présentées comme des plateformes de trading ou de minage légitimes. L'enquête de la procureure générale conclut cependant que l'essentiel des dépôts n'a jamais été réellement négocié.
Impact sur la communauté haïtienne
Le communiqué met en avant le caractère ciblé de la fraude : les promoteurs auraient utilisé des messages en créole haïtien et des réseaux religieux pour attirer des investisseurs, phénomène qui a touché des milliers de personnes, dont « plus de 11 000 New‑Yorkais » selon le bureau. La procédure vise à obtenir réparation financière et à prévenir une reprise d'activités similaires en interdisant aux personnes condamnées d'opérer dans les secteurs concernés.
Les demandes de restitution et les actions en justice restent des mesures civiles et pénales poursuivies par l'État de New York ; le communiqué précise que la procureure générale a saisi la justice pour faire exécuter ces demandes, y compris contre des responsables présumés établis à l'étranger.
Les faits rapportés ici sont extraits du communiqué publié par le bureau de la procureure générale de l’État de New York et des documents cités dans l'annonce du jeudi.