Un appel au gouvernement pour formaliser la reconnaissance des victimes
Dans une lettre datée du 19 octobre 2026 et dont la rédaction de Le National détient une copie, plusieurs organisations de la société civile demandent au chef du gouvernement la mobilisation effective de la Commission Vérité, Justice et Réparation (CVJR) et la création d’un Bureau d’évaluation et de quantification des dommages. Les signataires placent cette démarche au cœur d’un processus de justice transitionnelle visant à accompagner les populations affectées par la montée des violences armées en Haïti.
Deux priorités identifiées
La correspondance souligne deux priorités concrètes :
- la relance et l’opérationnalisation de la CVJR afin d’offrir un cadre institutionnel de reconnaissance et de réparation pour les victimes ;
- la mise en place d’une structure technique dédiée à évaluer et quantifier les préjudices causés par les groupes armés, pour documenter les conséquences humaines et matérielles des violences.
Parmi les signataires figure Me Roméo Léon, présenté comme un acteur engagé dans les démarches de justice transitionnelle et d’accompagnement des populations touchées par la crise humanitaire. La lettre rappelle que cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un arrêté pris en Conseil des ministres le 18 septembre 2024, qui orientait déjà vers la mise en œuvre de mécanismes de reconnaissance et réparation.
Argumentaire des organisations
Les organisations estiment que l’ampleur et la complexité des dommages enregistrés à travers le pays rendent indispensable la création d’une entité technique capable de recenser et de documenter les préjudices subis. Elles considèrent que seule une approche institutionnalisée permettra d’assurer la traçabilité des faits, la prise en charge des victimes et la préparation de mesures de réparation adaptées.
Cadre officiel et demande adressée au Premier ministre
La lettre, adressée formellement au Premier ministre, sollicite des actions précises du gouvernement pour transformer les orientations administratives en dispositifs opérationnels. Le recours à la CVJR et à un bureau d’évaluation vise selon les signataires à garantir aux victimes un espace institutionnel de reconnaissance et à produire des données fiables pour orienter les politiques publiques de réparation et d'assistance.
Contexte
Cette initiative arrive dans un contexte de violences armées soutenues dans plusieurs régions du pays, qui ont provoqué des déplacements, des pertes matérielles et des atteintes aux droits fondamentaux. Les organisations estiment qu’une réponse structurée est nécessaire pour documenter ces atteintes et proposer des mesures de réparation.
Le National a publié la copie de la correspondance datée du 19 octobre 2026, qui formalise ces demandes.