Rapport BINUH au Conseil de sécurité
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a présenté, le 19 octobre au Conseil de sécurité, un état des lieux alarmant de la situation sécuritaire en Haïti pour la période juillet‑septembre.
Selon la délégation onusienne, l'Office intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a documenté plus de 1 000 décès durant ces trois mois et plus de 100 victimes d'enlèvement. Le représentant spécial a également signalé une persistance de la violence sexuelle et l'expansion de groupes d'autodéfense en réponse aux opérations de sécurité.
« Sur le terrain, nous assistons à une dépendance croissante à la violence de représailles contre les communautés, y compris la prise d'otages et d'autres formes d'intimidation », a déclaré Carlos Ruiz Massieu lors de son exposé au Conseil de sécurité.
Opérations de sécurité et déploiements
Le briefing intervient alors que la Force de répression des gangs (FRG) internationale a étendu sa présence dans la zone métropolitaine de Port‑au‑Prince et dans le département de l'Artibonite, soutenue par des renforts de troupes. Carlos Ruiz Massieu a salué cette montée en puissance, tout en estimant que le déploiement complet de cette force restait essentiel pour répondre à la crise sécuritaire.
Le représentant spécial a aussi relevé la décision des autorités haïtiennes d'augmenter le financement des institutions chargées de la sécurité nationale, citant notamment la Police nationale d'Haïti (PNH) et les Forces armées d'Haïti (FAd'H).
Incidents récents et difficultés d'accès
Le rapport onusien signale un incident grave survenu le 18 octobre à Croix‑des‑Bouquets, près de Port‑au‑Prince, où du personnel salvadorien affecté à la FRG a été pris pour cible : quatre techniciens en aviation ont disparu après l'attaque d'un véhicule blindé qui a été détruit par des explosifs et incendié. Les quatre techniciens avaient réussi à sortir du véhicule, mais leurs déplacements restaient inconnus alors que l'accès à la zone était rendu difficile par des combats intenses.
- Bilan documenté par le BINUH (juillet‑septembre) : plus de 1 000 morts.
- Enlèvements : plus de 100 victimes recensées sur la même période.
- Présence sécuritaire : extension des opérations de la FRG à Port‑au‑Prince et en Artibonite, appui par des déploiements supplémentaires.
| Période | Indicateur | Chiffre |
|---|---|---|
| Juillet‑Septembre 2026 | Décès documentés | Plus de 1 000 |
| Juillet‑Septembre 2026 | Enlèvements documentés | Plus de 100 |
Contexte et demandes de l'ONU
Dans son intervention, Carlos Ruiz Massieu a indiqué que les groupes armés adaptaient leurs tactiques face à l'intensification des opérations de sécurité, cherchant notamment à miner l'autorité de l'État, à conserver le contrôle territorial et à instaurer un climat de peur. Le représentant spécial a condamné les violences et appelé les autorités haïtiennes à renforcer les institutions nationales de sécurité et à adopter des mesures pour protéger les populations.
Le BINUH a demandé un appui international soutenu pour consolider les opérations de sécurité et pour accompagner la transition politique, soulignant que l'efficacité des interventions dépendrait de la capacité à déployer pleinement les moyens annoncés et à résoudre les insuffisances logistiques et opérationnelles.
Les éléments chiffrés et la description des incidents figurent dans le compte rendu présenté au Conseil de sécurité par le représentant spécial des Nations unies.