«Le masculin l’emporte sur le féminin» : plus de 300 professeurs de Français veulent cesser l’enseignement de cette règle

  • Constant Legagneur
  • 8 novembre 2017
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Une classe de NSII, suivant un cours de littérature française / ConstantHaiti

Un nombre de 314 professeurs ont publié cette semaine une tribune où ils s’engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire «résumée par la formule ‘le masculin l’emporte sur le féminin’», une initiative qui ne rencontre pas les faveurs du ministre de l’Education.

À travers cette tribune, publiée sur le site Slate.fr, 314 professeurs des écoles, collèges et lycées déclarent «avoir cessé ou (s’)apprêter à cesser d’enseigner» cette règle de grammaire, qui veut par exemple que dans un groupe nominal, l’adjectif prend toujours le genre masculin s’il est précédé ou suivi de noms communs féminins et masculins. Ils souhaitent que l’adjectif s’accorde en genre avec le nom commun le plus proche.

Les signataires donnent trois raisons à leur décision: cette règle n’a pas toujours été en vigueur, son application reflétait une volonté politique de maintenir les femmes dans une position d’infériorité, la répéter au sein des écoles conforte lesstéréotypes de genre.

Interrogé à ce sujet, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a jugé que l’expression «le masculin l’emporte sur le féminin» n’est «sûrement pas une bonne formule». «Il faut dire simplement qu’en cas de pluriel, on accorde au masculin, ce qui dans la langue française s’apparente souvent au genre neutre », a-t-il déclaré hier lors d’un déplacement dans un collège à Nanterre.

«La langue française n’est pas à instrumentaliser pour des combats aussi légitimes soient-ils», a-t-il ajouté, précisant qu’il n’était «pas favorable» à la pétition lancée par les signataires.

Ces derniers expliquent dans leur tribune que cette règle date du XVIIe siècle. Les accords se faisaient auparavant au gré de chacun «comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes». Cette règle a attendu «la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement».

D’autre part, selon eux, «l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique mais politique». Et de citer un passage de la Grammaire générale de Beauzée (1767) qui indique que «le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle».

(Avec le Figaro, et AFP)

Constant Legagneur

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