Publicité: 36457054

Chers parlementaires, ayez pitié pour Haïti

Share:

«Les négociations sont déjà faites, ne vous occupez pas de cette séance, ils vont voter pour le PM quel que soit le cas de figure de la séance car les négociations pour les postes sont déjà conclues. Tout ce qu’ils font c’est pour la consommation publique».

Telles ont été des paroles entendues de journalistes, parlementaires ou autres personnes très informées, c’est quoi l’affaire ? N’est-ce pas d’un pays que l’on parle ?

Jusqu’à quand suivrai-je un débat où le suspens fait son entrée au moment du vote ? où mes parlementaires me défendent réellement ?

Le niveau du débat descend souvent très bas alors que l’on aurait affaire à des hommes et femmes qui devraient être “bien formés”. Pourquoi l’une des meilleures façons pour un parlementaire de défendre ses idées c’est de laisser une séance ou d’infirmer le quorum ? nos parlementaires sont-ils à court d’idées quant à la défense de la population ? Où est l’Université dans tout ça?

Notre chère patrie balance entre la vérité et le mensonge : les stratagèmes et les dilatoires constituent l’ensemble des règles à suivre pour durer et “réussir” en politique en Haïti.

Maintenant, pour devenir député ou sénateur, il faudrait :

– passer la classe de 6ème année fondamentale pour savoir calculer “le prix de revient” de son vote pour un PM. Pas la peine de bien parler le français ou le créole : il suffirait de savoir par coeur des clichés comme “je réclame le poste X pour que je vote”;
«Si vous ne me donnez pas le poste Y je ne voterai pas pour vous dans la prochaine séance».

Peu importe si le PM n’avait pas fait preuve de bon contribuable en payant ses impôts à l’État pour lequel il va devenir administrateur, va-t-il pouvoir prendre des mesures draconiennes auxquelles tout le monde indistinctement doit être soumis ?

En effet, pour être premier ministre, il suffirait d’être d’accord à céder postes pour votes. Ipso facto, le désigné aura la majorité à la Chambre comme Premier Ministre.

Et dans la séance, puisque c’est une séance publique, il suffit de savoir par coeur les phrases du genre :

“Je défends la population X”

“je veux voir l’intérêt du peuple Y”

Stricto sensu, c’est pour montrer au “pauvre peuple” qu’on lui défend réellement, c’est pour la consommation publique.

Voilà un système qui n’est pas nouveau cependant, on ne parvient pas à savoir comment et pourquoi il subsiste, un système qui mérite d’être sapé depuis sa base, vraiment je ressens une révolution en veilleuse au sein du peuple haïtien.

Je cherche dans cette page de l’histoire, je ne trouve ni Haïti, ni Ayiti. O pitié, honorables Députés et Sénateurs ! Haïti en a marre, cessez le théâtre, cessez le massacre, mais surtout cessez le partage, n’oubliez pas qu’Haïti n’est pas un paquet de KONPARÈT JEREMI qu’il faut partager, mais un pays qui nécessite une relance de l’agriculture et de l’économie pour couper court à l’hégémonie dominicaine et américaine quant à l’alimentation de la population haïtienne et cette inflation galopante de la monnaie nationale qui n’est pas loin de 100 gourdes pour un dollar américain si nous continuons ainsi. C’est ce que vous devez rechercher, c’est justement à partir des besoins du pays qu’il vous convient de voter à fin que la grande majorité puisse en bénéficier.

Je veux pour une fois, entendre évoquer l’Haïti dont vous aviez parlée lors de vos campagnes électorales, si ce n’est pas déjà du passé, sinon, la nation vous serait très reconnaissante.

Je suis Constant Legagneur

Constant Haïti
Previous Article

Attaque “terroriste” au parlement de Londres

Next Article

La séance de ratification de la politique générale du PM Lafontant prévue pour lundi 20 mars à la chambre basse